Dimanche 22 février 2009
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Les élections présidentielles 2009 en Algérie ont été fixées au 9 Avril 2009. Le président sortant, Abdelaziz Bouteflika se
représente pour un troisième mandat. Notre pays célébrera bientôt les 50 ans d'indépendance, chèrement aquise. L'heure est venue de faire un bilan de ce demi-siècle de liberté, de ce premier État
Nation depuis la Numidie (-250 à -50 de notre ère).
Cette période, longue et courte en même temps, a vu naître les institutions, une économie, des infrastructures, etc. Cependant, au bout du compte, nous algériens, nous avons toujours l'impression
d'être à la recherche d'autre chose. Une liberté ? Une identité ?
Bien sûr, nous sommes fières de notre algériennité, même si on ne sait pas trop à quoi cela correspond. Sommes nous arabes, berbères, africains ? Est-ce que notre religion, l'islam, suffit à
définir notre identité ?
Je pense que cette élection, du fait de son timing propice, est le bon moment pour remettre à plat notre histoire, et pour proposer à nos enfants un projet de société, et finalement d'avenir.
Notre histoire
Oui, l'Algérie existe, en tant qu'état nation libre et indépendant, que depuis 1962. La France n'a pas envahit un état, elle n'a fait qu'expulser un gouvernement ottoman (ou un ensemble de
gouvernement selon les régions) qui faisait que l'Algérie était, en quelques sorte, un ensemble de département de l'empire Ottoman.
Oui, le peuple algérien est un ensemble de berbères (qui descendent des gélules, numides), de vandales (ce peuple du nord de l'Europe qui s''est mélangé aux populations d'Afrique du nord pendant
plus d'un siècle, c'est à dire trois générations), et d'arabes (arrivés avec l'islam). Après tant de mixité, tant de siècles , un peuple est né, différent des peuples arabes. Nous ne sommes ni
une nation arabe, ni une nation berbère, nous sommes autre chose, une nation à part entière, unique, soyons-en fière, et laissons de côté nos querelles stériles que certains politiciens ont voulu
alimenté (et continue d'alimenter) pour mieux nous assujettir.
Oui, l'islam est notre religion, une religion qui a profondément modifiée notre culture et nos traditions. Acceptons qu'il puisse avoir, encore de nos jours, des familles chrétiennes dans
certaines régions, traditions plusieurs fois centenaires. Tel le sultan Saladin ( Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, ou Salah el din el ayoubbi),
qui a libéré Jérusalem des mains des croisés, qui accepta les chrétiens et juifs dans son plus proche entourage (conseillers, médecins), acceptons les autres religions sans perdre de vue que de
la différence naît la richesse.
Un projet de société
Nous avons tous le droit de rêver, moi j'ai rêvé à une nouvelle nation fière de ses origines, mais aussi fière de ce qu'elle a décidé de laisser à ses enfants.
J'ai rêvé d'une nation où l'éducation est la base de tout, que dès l'école primaire on apprend aux enfants le respect de l'autre, quelque soit sa race et sa religion. On apprend la valeur
inestimable de la liberté, d'agir et de penser. On apprend la valeur du travail, et du partage. On apprend la valeur de l'entraide et de la protection du faible. On apprend la valeur du
questionnement, de la curiosité et de l'esprit critique. J'ai rêvé d'une université organisée en pôles de recherche où toutes les sciences sont admises, où les scientifiques et professeurs du
monde entier viennent discuter, débattre, partager, enseigner à nos enfants les préparant à construire un avenir avec de nouveaux outils et méthodes. La richesse d'une nation n'est pas dans ses
réserves de pétrole ou de devises, car tout cela est périssable, la richesse d'une nation est dans sa capacité à donner les bons outils (intellectuels et physiques) à ses enfants pour préparer
l'avenir. Une nation sans recherche, sans laboratoires, est vouée à péricliter.
J'ai rêvé d'une nation où de grandes mosquées, d'architecture mariant notre passé et notre vision de l'avenir, accueilleraient les musulmans, chrétiens et juifs du monde entier pour enseigner les
valeurs de l'islam, et permettre le débat et l'échange multi-confessionnel. Je rêve d'une nouvelle Cordoue avec sa magnifique mosquée unique dans le monde, où l'islam serait religion d'ouverture
et d'avenir.
J'ai rêvé d'une nation qui laisserait la part belle aux entrepreneurs, qui n'entraverait pas leur esprit d'initiative, mais qui ferait tout pour promouvoir la responsabilité sociale des
entreprises. Une nation assurant l'accès à une santé de qualité, à une assurance chômage et une retraite décente.
J'ai rêvé d'une nation qui mettrait au-dessus de tout, et de tous, une justice qui ne fait pas la différence entre le riche et le pauvre, le puissant et le faible, mais qui s'adapte aux
circonstances tout en offrant un moyen de recours à tout le monde.
J'ai rêvé d'une nation qui ferait enfin la paix avec ses voisins, et aiderait à la réconciliation des peuples du sud de la méditerranée avec les peuples du nord. Une nation unie avec ses voisins,
force de propositions et de challenges à partager, car dans ce nouveau monde, cette belle époque où nous vivons, le salut ne viendra que par l'union de toutes les forces, tous ensembles ou
personne ne survivra aux défis de ce monde.
Enfin, j'ai rêvé d'une nation où de grands hommes politiques participeraient activement aux débats d'idées et défendraient passivement leurs idées, leurs principes. Où les hommes politiques
accepteraient l'alternance sans essayer obstinément de s'accrocher aux privilèges du poste. Où les hommes politiques n'essaieraient pas de diviser le peuple, mais plutôt à l'unir vers un même
avenir. Où les hommes politiques feraient passer leur principes avant l'argent, la famille, les amis.
J'ai rêvé, mais le rêve n'est-il pas le propre de l'homme ?. Le rêve n'est que le début de l'histoire ... A nous tous de rendre ce rêve réalité par notre participation, quelque soit le niveau,
notre participation à la vie politique, associative, intellectuelle. Parlez entre vous, débattez entre vous, partagez entre vous. Avançons tous ensembles, écrivons, crions, aux journalistes, aux
hommes politiques, aux religieux, aux adultes et aux enfants. Marchons, marchons, qu'un vent nouveau nous lève vers un avenir radieux, avec l'aide de Dieu.